qu’il vente ou ne vente pas, il vente toujours. quand même et malgré tout. que je sois là ou que je sois ailleurs, toujours ailleurs j’imagine, fatalement là. ce n’est pas se plier au destin, que de juste ramer sous la pluie…
les naufragés se doivent d’échouer quelque part, sur quelque grève miteuse de l’urbaine périphérie. j’ai mon sac, et tout ce qu’il faut dans mon sac pour épuiser le rien, remédier au manque qui nous châtie bien oui mais de rien
nous ne l’emmènerons pas dans la tombe, avaient-ils coutume de dire. alors j’ai fait un bisou à mon ours pelé, un bisou à ma chanson trouée sur la cassette rayée. un bisou au rhododendron qui se desséchait seul dans son coin. tu vois, je ne suis pas rancunier
quarante jours quarante nuits, et toujours pas de terre ni la mer. ce n’est plus la soif, c’est le trou qu’on arrose. je la baise par devant je la baise par derrière, je retombe inévitablement sur le côté nord. que j’aime le calme de ces bas-côtés, haute paresse des nuits sans lune…
dans toutes les langues parlées je me roule un accent. j’ai beau me laver la bouche à grande eau blanche et lisse, je garde la gueule d’un étranger. un étranger reste muet sauf à l’intérieur. à l’intérieur un étranger ne trouve plus de place que sous un accent grave
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