mémoires les indigentes

  depuis les prés, plus tard encore, où l’on ne se sent presque rien
  que l’espace rétréci entre le pied
  et la mine, sèche déclaration d’hostilité
  – embrasse-moi, toujours un peu plus en-dedans, embrasse-moi

  minimise-moi l’premier, d’étranges pensées
  s’immiscent en
  la raie de tes seins – je dégringole dis-tu, ou alors moi,
  m’effondre en chute raide, une abeille
  ne fait pas le silence dis-tu, ou alors moi,
  lors dès à présent l’esquisse

  inéluctablement la fin
  et je me tiendra coi, là, le temps durant
  à regarder la mer priant qu’il ne me vienne
  aucune idée – momentanément jachère…

  dans la version soft, tu me touches le sexe tu me
  tiens par le bout, le bout qui fuit, le furet sous couvert
  est-ce là façon de raccorder nos sens nos angoisses, rapprocher
  nos tétons du tison?

  bâton de pluie bouton d’alarme, ce n’est pas
  que je m’ennuie, mais ma détresse alors, la comprends-tu? l’aspires-tu?
  la cernes d’un seul corps?
  je me lasse de feindre la plus sinistre indifférence, un bâillon m’y contraint
  un ciel m’y lape l’œil

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