allez vas là-d’dans, vas dormir là-dedans, et ne sors plus béquer
tu m’as parlé d’un trou, d’un au-revoir ou d’un adieu attention pas la même chose, mais la même chose au fond
le trauma de l’abandon okay, une fois deux fois trois fois okay, le trauma ricochon
laisse la fenêtre en grand, ouverte sur la nuit et tant pis s’il fait nuit, les pétales rangées
je recommence un peu. je recommence au bord
le fond introverti je l’ai laissé dormir par terre, j’ai préféré ne pas l’embrasser, ne pas mouiller mes lèvres
chacun chez soi par-devant soi. la mare toute rigide le caillou ne s’enfonce pas
j’ai parlé à mon chien ce matin. il m’a juste rappelé que je n’en avais pas et puis j’ai tout merdé
ma vie ne me rapporte pas grand chose
me rapporter grand chose ne me rapporterait pas grand chose
alors je fais semblant de ne pas savoir où je vais quand je ne vais nulle part, des fois qu’on m’attendrait
un silence à retardement. je tends la soucoupe le café se répand, j’ai tellement mal à l’être
il s’agit de ces peines que seule la mort soulage, du moins on l’imagine
on s’imagine étendu comme ça, sous la table de la cuisine, à plat ventre et torse nu sur le carrelage froid, luttant contre la brûlure intérieure, luttant contre l’angoisse – on a cinq ans, cinq ans et demi, et ainsi d’suite…
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