ras des pâquerettes

  demain je m’achète une chemise, ou autre chose
  de main je ne m’achète rien

  il y a du vent devant ma porte. heureusement la porte

  un chien ronge mon os. je figure ce chien

  ne m’appelle pas, crache sur moi
  appelle-moi d’un crachât

  devant ma porte une autre porte
  se venge

  n’avoir rien ou donner tout, quelle différence encore

  puisque le temps le permet, restons chez soi

  j’abrite un parapluie. je ne savais pas quoi faire alors j’abrite
  un parapluie

  mourir ne suffira pas, il faudra s’enivrer

  peut-être un peu de barbe, ou n’importe quoi d’autre
  derrière quoi cacher son visage

  je suis peut-être ici, mort de ne pas être mort

  sauve-moi de la façon la plus évidente: ignore-moi

  aimer ne fait pas un pli – tant pis pour lui

  tant pis pour moi

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