de leurs sabots

  tu ne me parles plus. tu ne me parles pas. tu ne m’as
  jamais parlé vraiment. je me fous d’être né, je me fous d’être mort, j’arrive juste pas à gérer l’entre-deux, ou l’entre-soi comme tu veux. moi je ne veux rien. expire mon dernier souffle, transpire mon
  dernier effort, pour te dire malgré tout

  cela ne recommencera pas. car rien ne recommence, en dépit des apparences et autres circonvolutions du temps ou de l’imagination. on en restera là donc, toi du tien et moi de rien, je ne pleurerai pas. les sanglots par le cul je ne pleurerai plus. d’un souffle brise-moi
  le crâne

  cette immense pitié, elle arrive trop tard. on ne peut tout de même prendre en pitié une peine encore non advenue. alors écoute-moi bien, et sinon écoute-moi:
  t’avais qu’à t’avais qu’à pas, cette immense pitié

  on persiste à s’appeler par notre nom – dépouillé jusqu’à n’en être plus réduit qu’à son nom, son petit nom de dieu, son petit nom d’un chien
  on a rassemblé toute sa cervelle devant l’unique détonation, laquelle n’eut pas lieu, étonnante abstraction
  – laquelle n’eut pas

  il s’en va tranquille, mais il s’en va quand même
  peut-être pas si tranquille que ça finalement, finalement lève les voiles
  ça s’est joué à rien du tout, or que peut rien du tout contre le disque dur, l’universel déterminisme, les mauvais trucages du genre? définitivement les huns
  se retirèrent, on eu beau tendre l’oreille, la coucher contre sol en priant qu’ils rebroussent: nul écho
  de leurs sabots

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