nous étions heureux, presque un doigt dessus

  d’un jour sans référence. tu t’installes chez moi
  ou alors tu t’installes en moi, à peine pardonné
  à perte renvoyé. ressuscite donc un coup. vide ton verre. recommence
  d’un même geste, d’une même grimace à la commissure
  des lèvres, ou de n’importe quoi, recommence
  allez quoi, recommence

  je ne sors plus d’un somnifère. le commutateur à vide
  rien sous la dent, une langue rampante
  j’ai soif
  tu ne me reconnais pas? j’ai soif
  c’est un sac de cailloux que je charrie dans mes veines. mauvais fœtus
  bourre-le de coups. masturbe-lui la bouche. embrasse-moi
  pendant qu’il est encore temps

  cage la voix. pas un ordre, rien qu’une indication
  au front de mer, juste entre les deux cieux, perce
  un anus. en dur.
  que je me terre, m’éclipse, remonte à l’origi-
  nel néant. la brasse
  à la brasse, j’ai dit à la brasse, coulée
  touchée. coulée.

  chante-moi un cadavre
  avec des cernes sous le nombril, un genre de bouffe-ta-queue
  il faudra retourner la terre, puis il faudra retourner le ciel, confondre le vide
  ressusciter les vivants, d’entre les vivants, bien leur brosser les dents
  ça bave tellement, ces fouines
  on appelle ça leur sexe

  il n’y a plus rien ici
  à faire, ou à redessiner
  j’ai bourré de colle sous la paupière. juste le temps de te dire adieu
  adieu quand le temps largue, odieux
  mourir sympa, faire gaffe à ne pas attraper froid, parce que froid c’est déjà trop froid
  la nuit déjà trop noire, ventre de louve, bas-
  ventre de louve, comme il m’aimait aussi
  et là plus rien. le vide au grand complet

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