c’est mon doudou c’est mon soupir, et cela n’entrave rien

  je ne retiens pas mon souffle dans la prière du soir. c’est beau ça, dans la prière du soir. franchie la ligne seulement me touchas-tu

  zéro fraction d’seconde. tes yeux de morte nageant dans le trois-pièces, cuisine comprise. le petit comprimé du dimanche…

  suis-je encore un homme? penserais-tu à moi comme à un homme. je tourne en rond dans ce qui s’avère ne former qu’un angle, tout juste respirant

  c’est mon tour d’être nu, de me frotter le poignet comme s’il allait finir par jouir – alors que j’étais moi le cœur du temps, l’obstinément remise à maintenant

  chaque jour c’est contre moi que se tourne le vent. je t’écarte tout un vide en moi te pénétrant, au bout duquel pend un fil, au bout duquel rien ne pend, au bout duquel nul n’est quiconque, par la voix de personne

  c’est un vieux compagnon. ne longeant en son for pas plus d’amour qu’une chaussette reprisée, et où contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’immobilité maintient quelque chaleur

c'est mon doudou c'est mon soupir, et cela n'entrave rien

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