entre paname et le grand large, mais pas grand chose de plus

  l’essence, manifeste dans l’évidence de la non-essence, je l’appelais poésie – ce auquel on ne peut ni aspirer ni être réduit, mais dont on se contente, comme survivre se contente de vivre, ou comme on persiste à ne se contenter de rien sans en espérer plus, ne sachant espérer moins que tout c’est à dire quoi? le déluge, l’amour sans feu ni lieu, l’ascenseur en surcharge? le bonheur corrompt. la liberté corrompt. néant ne ment pas qui lui-même s’infirme, faute d’affirmer quoi que ce soit

  ce n’est pas moi qui existe, mais l’existence qui m’existe et me tourne à l’envers – un genre tantôt de pouilleux massacreur, tantôt de strip-tease affectif. je dors mal la nuit je m’en excuse. je m’excuse d’avoir dit ci, sous-entendu ça, d’être tel alors que je n’en pensais rien, d’y penser alors que je ne pense à rien. et tant que vivre ne sert à rien le poème, ce suicide ultra méta métaphysique puant du slip, aura beau cours…

  la mort, elle, ne demande rien. un mp3 lui suffisant. tandis que depuis mon décès on ne cesse de s’enquérir de mon numéro je dis non, non vraiment je ne dispose pas de téléphone, d’un l’appareil dentaire dans la bouche de ma première émotion érotique comme la mémoire est élastique et la mort ne se compose plus que de néant et de mémoire. mémoire et néant, un mince filet vipérin s’y faufilant, un jeu de quilles bancales, vaste baiser sans lèvres, langue ni œsophage

entre paname et le grand large, mais pas grand chose de plus

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *