il s’embarque à bas prix

  tu me demandes mais alors qu’est-ce qu’on fait, il n’y a rien à faire. surtout rien. faire défait, et chacun passe son joli tablier. tu me dis mais pourquoi, tu t’attends certainement à une réponse il n’y a pas de réponse, on attend sans s’attendre à et la réponse à rien franchit le mur du son. il n y a pas d’autre mur

  je ne sais rien de toi. je ne sais rien de moi, ni de soi. c’est peut-être le verbe savoir qui déconne, et nous éloigne de la connaissance – la connaissance sans objet, la limpide ignorance des rhénans, daruma et les forains. la roue la grande, et le petit bâton. il y a toujours un petit bâton quelque part. pour les petits voyages ou allumer un feu

  tu me dis sois concret, or je n’ai pas les bottes de m’en foncer dans la boue. mon esprit a soif de plat, d’angles morts et de sexe éthéré. discrètement mes sens s’immolent, heureux de n’avoir pu l’être vraiment, avec un vague commentaire à la clé

  une main si menue m’a pris par la main et m’a mené là, où je me suis toujours trouvé, un pied devant l’autre rien. ai-je tilté. il m’a semblé humer quelque chose de marin flottant dans l’air, cherbourg au fond du jour, une vie comme une autre ai-je conclu. c’était avant

  tu me dis tu te fermes, te refermes te renfermes. mais tu te moi me n’est qu’un seuil, une zone douanière, les deux côtés d’un même slip. je cherche l’immense partout je cherche l’immense – laisse-moi le chercher où vache ne fourre son nez. là loin dedans mon nez

il s'embarque à bas prix

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