j’ai prom’né mon sommier

  je ne suis plus boussole, la rouillure ou le scellé des barreaux poussant en le dedans. un sexe ne suffit pas il faut obtenir plus, un sexe en sus, radicalement asexué, effervescent jusqu’au-boutiste

  murène, épineuse rivière, tout un frétillant contingent agonisant sur le ventre plat, et nu. j’enfouis la raison. j’enfouis également les saisons, les âges ricochets. et je n’arrache rien, désherbant le vent frais. je flotte à tout venant si ce n’est au hasard

  non mais je me prends pour qui, un sol sur deux l’autre rampant, l’entraille clapotante… ce n’est pas que je m’aime ou je ne m’aime pas, je n’ai juste pas le prénom suffisant, le nom qu’on pisse dessus

  une vulve embrasée et je souffle dessus, je souffle comme une brute, un vieillard violacé tout juste éclos du nid. ne m’aime ni ne m’aime, l’écœurement limpide – j’y laisse des fois, j’y laisse ma peau, à tir tendu

  si on vit c’est qu’on en a déjà trop bu, du vinaigre en bassine, c’est que désormais maintenant vient trop tard, et qu’il aurait fallu. tu me ramasses à la petite cuillère sur le dos, entre deux branches lasses, ravage emmitouflant, sournoise à ma manière…

j'ai prom'né mon sommier

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