je me suis dit qu’il ne faudrait pas mourir maintenant, qu’il fallait se cacher, passer à travers les mailles du filet, arracher au néant quelques poèmes de plus et si cela ne suffisait pas, creuser plus profond pour désembourber je ne sais quoi et le lâcher dans l’air, ballon de souffle tiède, de prose épistolaire, salive paresseuse…
ma faculté d’émerveillement anesthésiée, m’en voici venu à tutoyer le mur
s’il s’effrite c’est dans ma bouche, s’il s’effondre c’est en moi. j’ai l’impression depuis quelque temps
de m’être porté disparu, d’avoir recousu un à un
les boutons de ma chanson
tu pèses un chien. c’est ton allure monométrique, ta façon de poser nu sous le néon, une salve de sueur aux aisselles
tu couches avec ton ombre. c’est comme en soi creuser son propre trou. tu écopes d’un pas vide
– quelqu’un pour me dire où il va?
il est mignon tout plein dans sa première version. on s’y serait trompé – sous la glace: la vase
il cause à son nombril
il cause par peur, de n’être rien ou de se retrouver planté là, incongru dans le décor, sirène à contre-temps
autrement ça fait joli, un homme qui s’ennuie…
voilà ce qu’en coûte l’absence. arrosoir encombrant un parterre de cailloux. on n’en sort pas grandi
la neige dans les creux, on en jouit comme on peut – les doigts faisant ventouses, les morts tout à leurs souvenirs
je pensais marcher encore un peu, crisser sous la pensée…

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