comme si de rien n’était et en effet, de rien n’était
le ciel à marée basse et nous circulions peu, manipulant sans précaution le frein à main, la main dans l’sac
enfoncer un coin dans la mort nous ramenait au sentiment menu d’être vivant, autrefois ça suffisait
peur du dodo. le sommeil à quatre épingles
n’approche pas du corps, ne touche pas ton pouce, où parfois prendre souche
j’aère le vent. un peu de temps encore et je baiserai le plafond, les bras m’en tombent
par les rives du méandre j’ai tenu ce corps fluet, l’anus calleux, chialant debout
entre deux rires roulait la mort, gare au dé comme il tombe, surgi d’une ombre gare du nord
rien ne change vraiment, sinon le regard qu’on y porte, ou la taille des slips
tu souffres ma douleur. et partout sur le corps partout je souffle. là où ça fait mal je souffle
que l’hécatombe reprenne son souffle – je continuerai à pied s’il le faut
que la mise à sac, en bière ou en bouteille fasse pause, je dis pouce – à cloche-pied puisqu’il le faut
j’aurais besoin d’un curetage de cervelle, vidanger la mémoire, ventouse mamelon
il pleure des miettes. c’est à genoux qu’il prie aux heures de ramassage, il se prend comme on dit
les pieds dans le guidon.
j’ai d’instinct su être en moins – demain je vise haut, juste au-dessus du dessous, pour faire court

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