la morte a plongé dans mes bras

  11h10 et du vent, je ne remarque rien
  un peu de vent peut-être – c’est à peine s’il en souffle
  les gens qui couchent. et ceux, d’autres assurément, qui rejoignent le vide au fond du saut
  à ramasser quoi, du poil avec la langue…

  je ne renonce à rien, pas même au lien réel
  au privilège inouï de porter de fleuris kimonos
  – que les hommes sont sages, qui supportent et jouissent de n’avoir rien à faire, et de n’en rien branler
  tournant sur eux-mêmes un miroir à la main, la mèche folichonne
  non, je ne renonce à rien, ni même au lien réel…

  tout ce que les hommes ont de beau je l’ai rangé quelque part, ça me reviendra
  trognon miraculeux, vierge de sept à neuf, tout ce que les hommes ont de beau a pris la flotte, ma chemise à vau-l’eau
  s’il me reste du temps je ne sais plus lequel, on dirait bien qu’il neige

  demain rien ne m’attend, c’est la saison standard
  peut-être t’accrocheras tu un peu à mon tablier, peut-être tomberai-je à la première larme, au premier gong
  j’enfile ma tête de loup et sourcils froncés je me dis que vraiment demain rien ne m’attend
  ni personne d’autre d’ailleurs

  enfant du paradoxe, porcelaine qui saigne. la teube morose je viens de te faire, remarque je viens de – le sourire mortifère
  l’eau croupie mâchonner l’herbe, un jour restant un jour filant, filant restant je sais plus comment dire
  je sais plus comment faire
  le grattoir éculé

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