tous mes amants furent exécutés. j’écoute la radio quoique la radio n’en parle pas, je te parle d’un homme
qui n’en fut jamais un, n’eut jamais la moindre chance
d’en devenir un: le crabe lorgnait, l’araignée toussotait
crépitait l’allumette…
à mes amis o mes amis, que sont-ils devenus, et couche-toi devant
les roues de mon moteur. on ne pleure que sur soi et donc on ne pleure pas on patauge
dans les larmes des autres – si on sait s’y prendre on arrivera peut-être à se faire
offrir un verre
ne me regarde pas. ne me regarde pas dans cet état-là j’allais dire c’est une question de dignité, de pudeur ou quoi mais non
ne me regarde pas, c’est un suicide introspectif, la grève d’être soi, la douleur en fanfare
le pire d’entre moi s’obstine à respirer
ta gueule et lave ton slip. j’ai un grand copain, un aveu si peu domestique
nul ne ressuscite, jure-le – que signifierait sinon la passion
or la passion c’est moi, et je ne m’entends pas
supplier ni renoncer
miroir gentil miroir, qui me montre l’envers et me cache l’endroit. figure décomposée, profil asymétrique comme on rate une marche
lignes enchevêtrées d’une destin parallèle: chercher sans savoir quoi, aller sans savoir où, rester sans être là
déroute consommée…
je suis né quelque part. je mourrai quelque part. et l’impression de ne servir entre les deux que d’improbable trait d’union
alors attrape-moi le manche, et remonte en substance au bout duquel ni pelle ni balai, ni pioche ni râteau, mais un zéro plus zéro ébauchant l’infini
– plus précis j’arrive pas…

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