le visage taudis

  à la suite du noir. j’allai contre le jour, le jour perdait mon temps
  je vivais comme on dit, je vivais en sourdine

  des averses profondes ont profondément mutilé mon corps profond
  et je ne disposais, pour tout parapluie
  que d’un dimanche rassis

  j’ai presque parlé dans l’mégaphone, la voix éteinte, la gorge désolée
  j’ai presque parlé mais mon trou rebondit

  les saison bleu-blanc-noires, les saisons mal cadrées
  arraisonne-moi mon bras, mon flop, ma peur
  – la peur ça s’arrache pas

  des tombes, j’ai déterré des tombes
  pour enlacer mon vide ne me suis-je mis nu, rassasié d’épines ?

  un ciel gris, et bas, et gris et bas travestissant
  la douleur en enfant nécrophile, en sage et désemparée
  négation du haut-lieu…

le visage taudis

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