rien que la beauté du lieu

  tourner oui mais rien que sur soi, sans en attendre
  la pluie – la pluie tombe où elle peut c’est pas elle qui choisit
  demeurer ne retourne nulle part, retourner
  ne demeure nulle part ou alors pro-
  visoirement, ça c’est fait

  l’homme de rien. un jour il fait beau, de ce beau qui nous flétrit
  un jour il ne fait rien, de l’homme qui pend au clou
  il fait à dada
  il tombe
  c’est un homme plastique, sans âme, dont l’âme
  occupe toute l’absence d’âme

  mourir m’ennuie, mourir contre l’ennui
   la digue ne cède plus, contre toute évidence et contre l’évidence
  je cède si loin de moi déjà, ne me concernant plus
  juste à survivre sans savoir à quoi, d’autre qu’à soi sans savoir qui
  c’est pas moi le clochard

  je vais un clou, d’une lumière infâme
  mon regard perpétue la douleur, peut-être ai-je bu un os, je me suis extirpé
  d’un son mauvais en soi, d’une vie qui ne voulait rien dire ou bien trop, rien entendre
  de ce qu’on ne lui demandait pas

  à chaque jour sa veille, son inopportunité – ai-je abandonné
  mon destin en chemin, et me retrouvai-je là sans chemise, dépenaillé, à marcher sur les tessons de vieilles soifs
  ou est-ce que j’hallucine ? non, j’hallucine pas. justement
  : je ne vois rien

rien que la beauté du lieu

Published by


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *