ma grosse

  minimal lyrique, fleur au canard
  on est mal
  de toute la vie on est mal
  et la vie commence tôt, dès l’instant-même, l’absence-vulve
  le chemin du pardon est
  troué de mémoire

  moitié flottant, moitié fumant
  entre œil rassis et trou de balle éructant
  le crâne ras, le raz de mariée
  mutilé pour l’exemple et puis
  féminisant l’issue

  poèmes-bouées, balises en rade
  mon chat récemment
  s’est mis à aboyer
  j’ai pas de robe pour la fête, d’ailleurs j’ai pas de fête
  – juste besoin de rien, aimant

  il ne pleut pas ces derniers temps, ça arrive parfois
  c’est plutôt décevant
  revenons aux certitudes, je meurs
  donc je suis, d’une certaine manière
  je cherche les horaires et jours d’ouverture de la poste de moulins
  pour me réapprovisionner en timbres

  tu le sais bien un homme
  ne fait pas la moitié d’un homme
  le reste, la joue rongée, l’orgasme creux
  lucy larguée quelque part dans le ciel, les seins tout dégonflés
  quinté gagnant
  chômage universel

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