j’ai gardé le poison pour la fin. je veux dire le meilleur. pour la toute fin
la délivrance, le « salut », l’illimité. un tel espoir, d’éternité radieuse, néant sans équivoque
je rame oui mais dans l’air pur
parler me compromet. user de langage, ce bien commun par excellence. ce fluide. me compromet
je suis fait dans la matière de l’absence, du refus
toutes ces parcellaires et prétentieuses affirmations, cailloux dans la grolle du grand acquiescement. de la grande ourse
l’amarre rompue, le cordon ombilical. les bras ne compensent pas, ni les jambes. le pardon par définition impossible
impardonnable et concentré de colère donc. le bâton rugueux le bâton borgne. le bâton ivre-mort
aimer comme on dépèce une âme
je ne répandrai plus d’encens. j’ai horreur de l’encens. je n’ai rien contre le froid. rien ne me protège du froid
à gauche c’est déjà ma gauche qui part en couille et se prend le fossé. à droite tu te tiens la encore, mais pas si lourde ni se fermement fixée au sol
que tu ne puisses te déplacer, t’éloigner
je meurs par vocation. je meurs car prédisposé à la mort. avant tout à la mort. comme à mon but ultime, mon intention innée
un parapluie c’est peu contre la pluie. surtout si le vent souffle. et le vent souffle en permanence. même quand il ne souffle pas
je m’embrouille avec le parapluie…

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