un homme c’est creux
d’un creux de haut au moins
je veille à ce que cela ne
se reproduise pas, sachant bien qu’au moindre signe de faiblesse, au moindre affaissement
de paupière, tout sera à recommencer, encore et derechef
mort n’est qu’une hypothèse
mon chien durant, ma vie tout autrement
tu me serres dans tes bras, tu as les bras assez larges pour ça
avec des doigts qui dépassent au bout
pour me retenir, au cas où me prendrait l’envie soudaine encore
de m’échapper, de m’échapper mais de quoi ?
s’échappe t-on ?
j’arrive quelque part, c’est un rite
toujours quelque part, tel un tremplin vers autre part
quelqu’un
ne me recueille pas, un trou dans le tremplin
n’être que soi cerne une chute, c’est comme ça
qu’on attrape froid
je marche sur trois pieds, bancal
peu de morts parmi nous, le reste à l’avenant
un peu
on sue aussi, un peu
d’une sueur froide, d’un givre âcre. il n’y a pas
de façon propre
de partir
silhouette arrachée par le dessus, il s’en fiche
il s’en fiche, il va comme il va, sans caractère
nerf sur la guerre
fais donc le geste qui m’apaise, hors prosodie
tirer le large à soi, ça se dit, ça s’imagine même
ou sinon ça m’annule
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