bitter than water

  il n’y avait
  pas de message dans la bouteille, ce qui m’a plutôt rassuré au fond – rassuré de
  me savoir vivre sur le bord, tout au bord, légèrement penché sur
  mon propre vertige, ou l’abyssale
  solitude de dieu

  (si) t’as pas d’mémoire t’as pas d’honneur. les jours débordent de la semaine – c’est les temps qui veulent ça
  l’éternité yoyo zéro. piqûres d’abeille mauvais sommeil. et se surprendre à
  bander sur l’échafaud

  il faut vraiment qu’il fasse beau pour que je me décide à sortir et justement, aujourd’hui il fait beau
  je retourne le miroir du côté pile, du côté ciel, du côté qui dédaignant les côtés prend tout dans ses bras
  ivre émerge des morts

  banana-split, ou même un peu plus haut sur la carte des non-lieux
  non, rien
  aller jusqu’au bout on n’en demande pas tant non: juste aller vers le bout
  mon chien ma femme, mon SDF – ne faisant partie de rien, j’en suis quand même
  j’en suis j’en reste

  le seul moment où je me sens encore un peu vivant, le seul moment où je ne m’abandonne pas. le seul présent préhensible, seule lueur dans l’incom-
  préhensible – drunk, afin de sauver ce qu’il reste de beauté, l’arracher
  aux maudits subterfuges…

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