la vie dans mon mentir

  ton oncle c’est dimanche. le jour frites
  j’aime quand tu me caresses l’oreille bon tu me caresses pas l’oreille, l’oreille mord une tôle
  frictionner le mort au vinaigre, le mort a mal au dos – il faut bien
  en faire quelque chose de ce mort

  ton grain dedans. sors la tête de tombe
  pense absolument à tout, sauf à ce qui vient
  le téton droit, le menton relevé, le front contre le gouffre
  j’achève, mais je m’achève
  et alors ? quoi dire, quoi qu’on en dise ?

  miroir mais pas la réciproque
  je m’achète un marteau, un petit marteau brise-vitre
  et d’un coup au front, bam, je m’assomme
  peu d’étoiles, pas de vision nocturne ni
  d’illumination. d’illumination bien entendu

  tu me traînes par les pieds, mon corps
  n’offre aucune résistance. n’offre rien assurément
  pas même la garantie d’être, ou de se souvenir avoir été, de s’imaginer remuer
  borgne la croix
  borgne le cercle…

  en amont, en aval
  des pyrénées (rue des), de l’atlantide, du jeu de pomme oh la vilaine…
  je longe la rive, imperturbable je longe la rive
  on finit toujours par arriver quelque part quand on longe une rive
  d’un suicide à l’autre, sauter sautons
  voire sautillons

la vie dans mon mentir

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