le pas sur la distance

  se tirer soi-même au sort, comme on se tire d’affaire – j’aime bien
  faire comme ça avec mes doigts, des fois que l’on m’oublie
  toute une route s’écroule là, assoiffée d’un carrefour

  mettre un pont de côté, jeter la corde à l’eau, crier par ses cheveux
  tant d’options que déjà je renonce, paumes appuyées sur les seins, point d’interrogation
  fleurissant sous chaque faux pas, mais si mais non, fausse pudeur

  il en tombe sans poids. mon mégot dégénère
  quelqu’un de sobre me lèche un doigt. rappelle-moi de te dire
  à part ça faisant feu de toute croix, il te dit va par là
  mais par là n’y croît pas

  petit serpent de mer, on comprend mieux pourquoi
  tu racles le fond avec les dents – qui donc pendant ce temps-là te racle le dos avec ses dents à soi ?
  faut-il vraiment
  que cela se passe ainsi ? hein ? le faut-il vraiment ?
  décidément, ainsi soit-elle

  minuscule fulgure. j’achète un bout de champ
  ça ne suffira pas, soit, puisque rien ne suffit
  on s’en servira de tremplin, un tremplin ça navigue
  entre le ciel et la terre c’est à dire
  entre la cheville et l’aisselle, les jours fastes

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