nincsen semmi

  je ne tiens pas
  dans un bateau en papier
  lequel ne tient pas l’eau non plus, lequel prend l’eau – voyager
  ne semble pas si évident, finalement

  définitivement. même si
  définitivement rien.
  on plie bagage, on range la mer, on attrape froid
  fallait pas sortir nu, comme ça, en plein milieu de la chambre
  ou de son rêve – surtout quand on ne, comme ça,
  rêve de rien

  un léger mieux, ainsi que le décrit
  le nouveau-mort, rasé de frais, le tout juste
  ressuscité des vivants, en nage-arrière, le sexe qu’on recrache
  qu’on rechie
  qu’on ravale

  j’enjambe un corps, une nuit, le saint esprit
  je marche sur mon ombre. non, je marche dans
  mon ombre. mon ombre sans corps, sans moi comme je m’enjambe
  si peu d’issue

  le temps que la pierre
  jetée en l’air me retombe dessus, je réfléchis, j’écris ces quelques mots, je fignole
  mon épitaphe
  mais j’y arrive pas. rien n’en ressort vraiment. tout ça finit
  par retomber

  il se sert de ses jambes comme de rames, repoussant la terre derrière lui
  il aime ses épaules aussi, fuyant sur les côtés, aériens précipices
  il cherche en vain son point de départ, d’appui branlant – le départ c’est du facultatif
  le départ c’est une bouche

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