vivre au pays

  ce qu’il ressentit tandis que la mort était vacante, vacance
  que survivre prenant l’eau, le point fuyant le i, l’espace rétréci
  au point d’embrasser l’infini

  ciel et terre, ciel
  et la tombe entre deux, et la fosse au milieu
  : ressusciter n’est pas
  qu’histoire de style, ou si, va mon ami va
  savoir, et fais un tour
  en hélico – du moins se sent-on heureux
  en hélico

  caresse-moi la joue, mais seulement avec la griffe, je n’ac-
  corde aucune confiance aux signes précurseurs, aux instincts prédateurs – la bête en moi
  aux abois à l’affût, acculée, la bête en moi
  se gratte la bête

  s’évader, vite, s’évader
  monter d’un cran, baisser d’un ton, l’insignifiance absolue
  d’un salut personnel – mais s’évader, fuir s’évader :
  l’insignifiance absolue, entre autres, l’épinglé papillon
  de vivre
  ou presque

  prier peu, boire beaucoup, des morts sur ma place de parking
  des rames mais pas de barque, de quoi chanter mais pas d’chanson, ma tombe
  et personne dedans
  ou peu s’en faut

  ne m’invente pas, retourne à la maison. à tous ceux éprouvant que
  ce monde n’est pas le leur, ce monde pas à l’heure
  et qui traînent en short sur la pelouse miteuse bien après
  que le match ait eu lieu…

vivre au pays

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