balance ton mort

  « réconcilie-toi donc avec la vie ». du coup je l’ai violée. ou l’inverse. plutôt l’inverse. plutôt en rêve ou à l’envers. non.
  non, je ne me
  réconcilierai pas avec celui que je suis, même ne l’étant pas – je crèverai d’abord
  et de bâbord
  il fera nuit. de nuit très claire

  hors sol. hors ciel. hors jeu.
  on voudrait aimer cru, à cru, on est bouleversé, la mort elle a ses dents
  rentre-moi une langue, une douille, l’amour sous
  péridurale
  et si j’arrache une dent reste le trou, le trou durant – ne ressuscite que
  la mort, récurrente obsolescence

  chien méchant, mais pas plus que ça
  j’avais une meuf, une meuf entre ses dents. c’est bizarre et plus je m’en rapproche, plus elle s’effiloche, la mort
  j’y crois même plus
  – encore un
  faux espoir. fausse frayeur. crème lucifer

  j’ai plus de chien
  le dernier chien s’est pendu, empoisonné, noyé ou je n’sais quoi
  tout comme ce qui ressort à l’absence de pitié, tout ce qui malgré tout, malgré soi, et les petits cochons
  j’habite un rien, une civière
  j’habite pour de faux

  ai-je mangé ma chatte, avalé ma langue
  pris du retard sur le train du milieu, madhyamaka karika. tu m’embrasses où tu veux, je recrache. je recrache au milieu
  l’homme qui m’a tué
  s’est déguisé en femme, peau d’âne

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