clou de mon rapace, clou
rester jusqu’au bout, or jusqu’au bout c’est rien, un pas plus loin
tant que j’ai attendu l’a préservé de rancune, a mis clé sous la morte
je n’ai rien attendu m’a curé les boyaux, certes, au moins ce côté-là c’est clair
qui m’aime un chleuh. un chleuh ne pleure pour ça
respire contre la loi, sinon la loi ça sert à quoi
c’est comme pour le christ: on aura profité de sa sieste pour naître, exister
et se croire mort de mort
je cherche
un endroit non chez soi où retourner chez moi, un genre de non lieu
à nul être étranger, et dont être étranger perd son étrangeté
le retour à nulle part, nulle autre part qu’ailleurs. l’eau noire des nénuphars
fier de l’être, il s’est pendu
j’attache ma ceinture, j’enfile mon bonnet
dans le ciel des goélands, les drones et l’incendie
je ne me souviens de rien, j’attends dans ma maison
que coule ma maison
je ne supporte plus le poème, ni rien, ni de ne plus supporter
du coup je m’arase, je me trais chaque poil. tu crois que je finalise un suicide alors qu’en fait je me fais la valise, et tu ne m’aimes pas
je fais, obsessionnellement, l’objet de mon déni
et ça me gave
décibel ça fait du son
or le son ne l’entend point, et toute ma vie comme ça, froissée de l’entrejambe
à s’épiler la langue, l’anus et le nombril, à se pisser la tombe
d’où ce léger déséquilibre…
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