sous le bras la vie dure, et ne cesse pour autant
d’ailleurs tout ce qui dure végète sous le bras, refuge aux freux, répit aux gueux
tu vois comme tout s’arrange finalement – suffisait juste de n’y prêter
nulle attention. une attention distraite tout au plus. ou disons vague
marquer d’un point n’est pas la mort à laquelle nous aspirions. pas celle de toute évidence
à laquelle nous nous attendions. quand bien même nous ne nous attendions à rien, évitant d’en faire trop
excessivement attachés au contraire à en faire le moins possible – mais que serait le moins que rien sinon le déjà-ça
le presque-là
l’assurément démis
chien contre moi, qu’il me tienne froid, que m’ausculte les entrailles mon ché-
ri nécromancien, avec ses pinces, son romantisme exacerbé – je n’y peux rien moi si le futur à l’abandon, le passé décomposé
se conjuguent au présent, et l’immortalité se pique aux sédatifs
– crapule rester là, le cul au sec à s’empiffrer
de vache-qui-rit…
on aurait pu se fracasser la tête contre le mur or la tête était si claire pompette qu’elle le traversait
et le ciel si léger qu’en retombait la mer en ballons mous, en gouttes fines et ne ménageant pas ma peine
j’étais un toit, un accent circonflexe recouvrant une voyelle inédite, une voyelle
imprononçable, premiers seins nus, sans rancune les dents…
l’humilité me crache partout, l’humilité me suce un clou
mes gestes ne me sont jamais revenus, ni mes caresses au bord du trou
quelque chose coi
quelque chose couac
une idée comme ça me traversant l’esprit mais ne s’y arrêtant pas
ou est-ce l’esprit qui fuit, à l’idée fixe bien que fortuite – est-ce l’esprit qui
ne me revient pas, resté clouté au trou, à l’absence intraveineuse…
la feuille entre les dents et qui d’entre elles
a fané la première ?
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