un homme s’arrête là, soupesant sa destinée en terme de milliers et millions d’années, ballonné de méthane
nous tiendrons donc jusqu’à demain, résuma t-il en se griffant la verge
le mort était-il mort, il n’en sut jamais rien
si notre vie dépend de vivre, nous sommes perdus, s’agita t-il sur sa chaise aussi bornée que bancale
le confort ne fait pas de vieux os, rétorqua t-il sachant bien qu’il rétorquait n’importe quoi, mais que tout ce qui s’affirmait définitif semblait de fait se rapprocher de la vérité, l’effort en moins
je suis épuisé de ma peur, à tel point que ma peur n’agit plus. c’est un homme qui dit ça et il ne faut pas croire qu’un homme toujours se cache
derrière un homme, plus ou moins le même, surtout quand il n’en est qu’à sa troisième cigarette et qu’il vaut mieux de contrebande plutôt que reconstituée à partir de mégots ramassés
à la sortie des stations mères…
j’arrive à peine à dire bonjour, ne parlons pas de bonsoir… entre s’éblouir et s’aveugler, les dents s’acharnant contre les racines, prêtes à tout, mastiquant salivant
d’un autre côté l’homme une fois mort ne se relève pas la nuit pour aller pisser ou flairer la femelle, tant la femelle se fêle
j’ajoute un mort, mais dont je retire l’âme, les os et la raison, d’être ou ne pas. et tout ceci jusqu’à réduire l’humanité à un seul homme, cet homme-là, l’homme tant qu’il peut
ou dès lors tant qu’il respire, anticipe son repas, détaillant le menu
aucun soleil, jamais, ne fut heureux, se rassura t-il, menaçant…
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