tu t’es arrêté là, comme si le chemin
refusait d’aller plus loin, et plantait là sa rame
je dis sa rame, mais ça pourrait être un clou, une algue, un accroche-cœur, ça pourrait être un
piquet tordu de tente – qui a des jambes va quelque part soi-disant
quelque part l’y rejoint
il n’y a de place pour un type comme moi
ni dans la mort ni dans la place et non définitivement je
n’aime pas dieu, pire: je n’aime
pas mon amour de dieu, le seul amour qui vaille à la fin, la fin qui tarde, la fin
déjà venue, claire apparue
une chiure de sentiment, genre de vampire anal, tout ça pas loin de Vire, j’ai de la peine
pour toi, pour moi
pour chacun d’entre nous, tous les on-n’aurait-pas-du, ce monde peuplé de tronches
est beau, n’est beau pour rien je
ne peux m’empêcher d’y penser
d’y penser je veux dire à ce rien
j’aimerais avoir quelque chose à dire, savoir
qu’il y a quelqu’un au bout du fil, de l’onde
mais le fil est retors on le sait bien, l’onde insonore, et qui d’ailleurs n’a jamais habillé
son petit homme en fille ?
je m’imaginais plus grand, je m’imaginais plus beau – heureusement j’y échappai, ou peut-être honteusement m’en sauvait l’ir-
responsa-
bilité
tu n’auras plus affaire à moi, tu te regarderas dans le miroir et tu
ne me reconnaîtras même pas – tu aurais pu être ma femme, mon clou,
mon chien contre le vent mauvais, or le vent est tombé, ne s’est pas relevé, et on se retrouve là éclopé
d’une dent de cassée, un muscle de froissé, on finit par comprendre échaudé
enfin… tant pis

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