les hommes ne s’embrassent pas ils vont tuer les démons, laissant derrière eux les femmes
s’embrasser entre elles – les hommes et les démons que veux-tu…
tandis que le ciel s’éclaircit il ne reste plus grand monde des uns
comme des autres. on fait avec ce qu’on trouve, un bout de banc ou un caillou, la main gauche
ou la main droite
et d’en bas vers le haut, il pleure le deuil, il hurle l’absence, chuchote l’abandon, et d’en bas jusqu’en haut
le cerveau plus petit que la mort moyenne – ce n’est pas faute d’intelligence mais comment encule t-on
une paire de ciseaux ?
me voilà sans voix, ne me reste que mon pull, on ne tricote plus les pulls: on laisse passer sa chance
pour ne pas la gâcher, je présume…
mon oiseau est parti du midi il ne reviendra plus
se poser sur mon avant-bras, ni sur mon doigt
il y avait une direction elle m’a dit tiens, une direction Val de Baize juste là, bé, a, i, zèd, e, je lui ai répondu machinalement ah ouais, là juste au-dessous du Mont de Vénus, vé, é, ène, uss elle m’a dit qu’est-ce que t’es kitsch, c’est comme quand tu chiales à chaque fois devant tes séries à la con
dès qu’on voit un gosse et son parent se perdre ou se retrouver ça devient lassant à la fin, et tellement pathétique
j’aime à la fin j’aime quelqu’un, la fin ça provoque ça, ça provoque de l’amour
il y a des chose dont on ne peut s’empêcher, comme d’être triste parce que le monde est triste, éjaculer dans son sommeil quand on ne le fait pas dans son éveil, se saouler la gueule tous les trois quatre jours pour rembobiner le temps et briser l’omerta – de l’âme aussi ça s’évacue et pourtant c’est plus douleur que jouissance, une paire de ciseaux
c’est à mon tour d’abandonner, de lever l’ancre d’enfiler
le gilet de naufrage. c’est un gilet sans manche
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