ma vie n’est qu’un dur, un seul dur et ça va
je serai vraisemblablement le prochain, or de quelle nécessité parle t-on dans un univers singulièrement inachevable
et quand mon baiser fonde en ton baiser toute raison d’exister ?
quoique je n’existe pas grand chose et ainsi que je le soupçonne, autre chose que moi vit en moi, sale bestiole
et de bien plus grand que moi, selon je ne sais plus quel évangile, ni dans quel dessein
un homme n’est pas forcément le premier, toutefois je le crois être né pour incarner le dernier
on ne lui demande ni n’en demande pas plus, un homme tout rongé de vermine
mort je ne savais pas, et désormais vivant pas davantage – peut-être
ne le suis-je pas vraiment non plus, une fois mort ou vivant
ok, c’est bon, j’avoue: je suis ressuscité
ce qui ne m’a servi qu’à ça: être ressuscité, en homme qui ne sert à rien, et qui n’empêche rien
on ne touchera sans doute pas le pied de dieu mais on ramassera des bouts de croix dans la boue, des bouts de sang séché sur nos cuisses, on avait tant d’amour
et tant d’amour nous a maudit – n’étions-nous donc que sac d’os et d’âme ?
mon chien s’est mordu la queue – ça aurait pu être pire, sa queue l’ayant alors piqué: on y aurait
pas survécu un seul instant
un seul instant c’est trop
un seul instant c’est tout
je me relève et ma tombe éclate d’un orgasme forcé, je sais pas comment tu t’appelles
je sais pas comment on s’appelle, j’espère un jour…
le reste du temps, face contre suie
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