je m’en vais à l’envers, c’est pour partir
tant que les pas résonnent au fin fond de mon corps. il dort
mon corps dort. c’est comme ça
à l’œil nu au doigt levé, j’élague mes crampes. j’élague
mes crampes
un jour je raccommode une vulve, un jour je stagne en éclaireur. personne ne me reconnaîtra le droit à la douleur
j’ai surmonté le vertige mais le vertige lui reste en-dessous, les bras ouverts
à attendre le plouf
inexorable dérive
un homme à bord, ramant d’une seule rame, affinant sa déroute
toute la beauté du monde je l’ai abandonnée. un homme nu ça a toujours l’air un peu con
à pleines dents à pleine tôle, porté la robe du veuvage, rictus-naufrage
un homme nu ça a toujours l’air un peu con
j’ai l’âme fatiguée, j’ai l’âme usée – on va quand même pas en faire un poème
un poème c’est toujours un peu naze, futile et péremptoire, un pendu sans sa corde jusqu’en rase
campagne
j’ai beau écarquiller les yeux, j’ai pas l’âme fâtima
quelque chose, donc quelque chose de trop, mais à peine
on s’embrasse dans les coins, dans les coins les plus sombres, ça s’enlise
à bout de souffle à fond de cale, le vide s’épuise allo la terre m’entendez-vous – le vide
s’épuise

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