les enfants sont pas morts. ils sont au lit. avant même que ne s’impose à eux le choix
entre mourir pour rien
ou vivre pour rien. je reviens de la mer la mer n’a pas cédé. l’élan caduque.
une vague dans la tête quand la tête est perdue, la mer ne répond plus
la digue du néant
et je n’ai plus d’esprit; moi qui suis tout esprit, en suis réduit à ça
n’ai pas été pêché, suis revenu bredouille, comme à rester scotché toute la nuit devant l’immuable feu rouge d’un carrefour. d’un carrefour.
te souviendras-tu de moi, alors même que je ne me souviendrai plus de moi, scotché à un feu rouge ?
la nuit elle fait bizarre, quand elle surgit « naturellement »
d’un faisceau de circonstances
ou parce que c’était l’heure
chacun étant rentré chez soi
la mort n’était pas tout à fait morte
les hommes éjaculaient dans l’vide
les femmes aussi
les enfants pareil
les animaux tout l’temps
je n’arrive pas à comprendre pourquoi je parle encore, plutôt que de me contenter d’incarner ce lieu creux
sans doute faute d’être un lieu clos
qu’on ne prend même plus la peine de fermer
et qui cependant radicalise mon impuissance
mais ce n’est qu’une question de temps
de temps mis en question, soumis à la question
une fuite hors de l’oubli, c’est évident
comment échapper à ce qui n’existe pas, à des bras troués ?
si je pouvais me voir dans une glace inévitablement je réaliserais n’être qu’une poupée gonflable dans laquelle
on a pas pensé souffler
et que si j’ai jamais rêvé m’en sortir, ce n’est pas sans soupçonner
n’y avoir seulement
jamais pénétré
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