la perception miséricorde

  il n’y avait jamais rien
  ou du moins, il n’y avait jamais rien que l’on puisse dire
  et tout ce que l’on puit taire semblait s’évaporer
  je me faisais de moi-même l’image d’un homme, je veux dire d’un être humain
  à quel point être, à quel point humain ?
  une tare dans la conscience, en soi déjà douloureuse, d’être

  dis-leur simplement que j’aimais dieu
  qu’avant toute chose, avant quoi que je fusse, j’aimais dieu
  et que mort je cesse enfin de lui faire ombre, de faire ombre à dieu
  je l’aimais à la mesure de la honte d’être moi mais ça ne leur dis pas, dis-leur juste
  que j’aimais aimer dieu
  quoi que cela veuille dire
  ou ne le veuille pas, d’un seul et même fond

  néanmoins je fus un homme
  quelqu’un qui se tient droit, une colonne vertébrale, poignante verticale
  quelqu’un qui s’effondre, un affaissement de la matrice, au moins je fus un homme
  j’aurais tant voulu que l’on me gratifie de cet amour-là, de cette pitié-là
  dont tout âme est issue
  je n’ai survécu que d’une pitié
  disons deux
  trois
  des milliers d’anonymes pitiés


  le mensonge te fait-il tant de peine ? oui, le mensonge me fait tant de peine. et je ne devrais pas. je veux dire…
  et il ne devrait pas
  à y regarder de près, la honte qui me structure n’en est qu’une simple composante
  j’ai honte de beaucoup plus et beaucoup plus profondément que de moi-même
  peu importe en définitif
  tant que cela reste de la honte, tant que reste la honte, tant qu’il reste
  de la honte. mais c’est quoi ton problème au final, avec le mensonge ?
  

  rien ne se passe. la mort attend la mort et c’est tout

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