si peu d’homme, si peu / de balançoires

  il y a les beaux, il y a les défigurés
  humains rien qu’humains, la tête dans la bassine, le vide de la bassine
  il y a la mort et ses petits bisous dans le cou, ses bavures policières
  mendiants rien que mendiants, de petits bisous dans le cou

  mission tranquille, sainte éradication de l’esprit
  le soir pousse à la misère. le soir.
  trop de gens pour que j’y accorde quelque attention – je fais comme si
  de rien n’était, on fait comme si de rien n’était, et n’était rien
  que nous faisant comme si

  ceux qui tombent, et ceux qui sautent
  ceux qui marchent, et ceux assis
  ceux en bref qui ne vont nulle part, qui retournent à l’endroit où, qui retournent à l’envers de
  sous les manches les bras tout éraflés qu’est-ce à dire
  je voudrais te souffler dessus, que tu n’existerais pas

  parle-moi quand je ne suis pas là, parle-moi
  raconte-moi par exemple, et pour l’exemple
  l’histoire du loup, de l’ennui sous la bruine
  tue-moi fleur au couteau, la peur est dans mon camp
  j’ai déserté mon camp

  la passion dans un seul trou je me rappelle pas bien, je me rappelle rien
  qui me rappelle quoi, ne me rappelle rien
  aesh au chevet d’un monde
  en sursis permanent
  d’un monde à l’échelle
  si courte, sexy déflagration
  – rends-moi le pan, rends-moi le vin
  quotidien

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