les milk-shakes à l’eau. y tremper la langue. juste le bout de la langue
il n’est pas un homme dedans. il n’est pas un homme dehors. dehors il gèle, il vente, il pleut. c’est un destin fébrile
trempes-y juste le bout de la langue, tu verras comme ça sent bon tu verras comme
ça lui fera plaisir. tant plaisir
une main me crache à la figure. j’ai vécu ça
une auto s’arrête à ma porte. heureusement, ce n’est pas pour moi
j’esquive les silences, les blocs de silence. je me demande si tu veux. ou s’il vaut mieux
je me demande mais je cède avant même d’arriver
au point de l’interrogation. la mémoire mise mat
tu changes d’évier. tu ne dis rien tu changes d’évier. tu pisses
dans l’évier. ou à côté. mais plutôt dans l’évier, le seul par où s’échapper
s’échapper à soi s’échapper à rien, avec un cri au bout
avec une corde au bout. tu changes de nœud
toute la douleur sait la douleur. non, elle ne sait rien. elle s’envenime
la nuit venue le sang perdure, excrémentiel. se perpétue
l’angoisse. elle est drôle l’angoisse. c’est une drôle d’angoisse
t’as le zapoï mystique, l’errance cathartique. il fait quoi ton mari ?
il marche sur la mer, il a les pieds mouillés, le sexe grenadine
je le montre à ces messieurs, ces messieurs me disent, avale-le tout cru, recrache-le
du fond d’la mer, du zapoï mystique
et puis vomis la mer

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