je suis dans la montagne avec les animaux

  il raconte une histoire, une histoire une histoire
  et comme personne ne l’écoute, il se met à chanter
  à chanter ou à pleurer, cela dépend
  du sens du vent, de comment il s’habille

  en toute connaissance de cause, mais sans celle des effets
  il est vrai qu’il tombe
  de haut, de bien plus haut encore, quoique du haut de rien
  il serre dans sa main un tout petit caillou
  qui n’est pas le pur esprit

  je reviens parmi vous en fantôme poli
  invisible sans être transparent, insaisissable inexpression
  je vois une balançoire dans un parc minuscule, j’aimerais tant
  m’y balancer quelques instants. je n’ose pas
  je sais que si j’osais, je le regretterais

  je suis l’unique témoin de mon œil et ne sais pas quoi faire de ce qu’il voit, qu’il soit
  ouvert ou fermé
  ou seulement entrouvert, à peine clos
  quelqu’un doit passer m’apporter de l’alcool
  quelqu’un tarde à passer
  ma voix reste bloquée, mon souffle mal taillé

  au début de rien il y a le pas grand chose
  on se concentre et quand on en a marre on souffle dessus
  comme pour le soulager, le faire disparaître ou simplement
  sentir le souffle sur sa peau
  le pas grand chose des fois ce peut être un vélo, le tout premier vélo, sur lequel on apprend
  à faire du vélo
  à presque s’envoler

 

je suis dans la montagne avec les animaux

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