nous n’avons pas besoin de tête, étant donné que nous n’avons pas
besoin de corps.
ça rigole pas des masses, ça rigole par milliers, par centaines de milliers, ça brandit des poings mous
à part ça je pense à rien, à la nuit qui s’étiole
c’est à dire à rien
les filles n’aiment pas les morts – n’aiment ceux-ci que les mortes, les filles mortes
qui du coup cessent d’être filles, c’est à dire violables dans l’inconscient collectif, mixte
les morts rêvent aux morts, leur chemise de nuit glissant sur leur peau sèche
il y a un homme ici qui ne représente rien. il ne représente rien. il est mort dans sa tombe
il y a un homme ici mais ce n’est peut-être pas lui, ni l’ombre de lui-même. il enfonce ses doigts dans la prise de courant et s’en prend tout le jus
il fut le reflet d’un jour qui passe, un assassin privé de sa victime
c’est vraiment pas son jour
les filles ça change de nom. ça change de couleur aussi, et parfois de chignon
les jours topinambours je t’embrasse où je veux, les jours où je te prends par derrière une tortue nous observe, silencieuse
une preuve d’innocence, suggères-tu – or il n’y aura jamais de preuve
à l’innocence
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