les vers du nez

  la justice ne suffirait pas, il nous faut la vengeance
  c’est plus commode ainsi, avec un sac à main
  il faut savoir se montrer efficace, avec un sac à main

  j’ai pleuré toute une rive, puis me suis tourné de l’autre côté
  de l’autre côté pleurait tranquille, suçant sa verge
  il a fini par s’endormir, tout finit par s’endormir, tout finit
  par s’éveiller, dans la version sha la la

  la première fois je t’ai aimée, la deuxième fois j’ai recopié
  la troisième fois j’ai fait semblant, j’ai simulé
  la dernière fois je t’ai aimée, j’avais vois-tu
  mis le doigt dedans, comme engrené

  un homme fait pas l’hiver, et pourtant qu’est-ce qu’il creuse…
  un chemin de travers, c’est tout ce qu’on lui concède au final
  alors il va, la muqueuse tranquille

  j’ai toujours gardé le même âge
  un vent soufflait par ci, girouette pirouette
  j’animai l’immobile, je me mettais des faux cils
  pour faire plus vrai, pour faire comme si j’étais
  vraiment celui que j’étais, ou à peu près

  couche avec moi, garde ton slip
  à la faveur d’une nuit mal lunée
  on pourrait s’entendre à la rigueur, il suffirait
  de ne pas s’écouter, ne pas se souvenir
  avoir jamais été, ou alors malgré soi

 

les vers du nez

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