pas de sexe entre nous, on préserve l’espèce

  un rat menace ma famille. je l’ai eu d’un coup de bêche. fendu en deux
  et dans les mégapoles, où personne n’entend la langue de personne, les matraques ont la vie dure, rendant jaloux les humains
  qui tombent sous leurs coups

  mal accoutumé à la vie en société, j’attrape un paquet d’chips, je chope la crève
  dormir en paix n’est pas gratuit. la générosité n’est pas gratuite. un orgasme peut vous coûter cher
  à force d’appuyer sur le même bouton, on finit par
  se tordre le pouce

  à chaque bagarre une dent de perdue, ne reste que la langue au fond du trou
  elle bouge encore.
  les macchabées qui s’tripotent sur les bancs publiques, au vu et au su
  des passants ordinaires.
  même la mort ne te protège pas, ne t’offre ni le gîte ni la garantie, ne te
  caresse la tête.

  j’ai remballé toute mes chansons. en fait je n’en ai qu’une, toujours la même
  la discordance tendre corde, par où qu’on la pince discordante
  : un acte sexuel pur et simple. à la fois pur et brut. éminemment sexuel la
  déchéance de fonctionnalité, le gland tout gangrené

  tu veux dire je n’ai pas la fonction ON ?
  tu veux dire j’ai pas la fonction OFF ?
  tu veux dire où que t’habites moi je te sortirai de ce trou, je t’en expulserai
  l’anus ou le meilleur, d’entre nous
  – ce l’a quoi l’on survit ne nous le
  pardonnera pas

 

pas de sexe entre nous, on préserve l'espèce

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