berck-plage en hiver

  je l’aime et des coutures. sous la couture
  couvent les lentes
  les lentes se concentrent le long de la couture, le temps de gestation.
  la concentration importe avant tout
  les hommes également. leurs femmes à peine moins.
  tout l’monde
  déteste la mélisse

  chien méchant je chope une puce. un pou. un morpion. on vient pas d’où on veut.
  je cherche une frontière. j’appuie sur la frontière, voir là où elle cède.
  il y a les vivants morts, ce ne sont pas les pires
  les pires sont parmi nous. parmi
  chacun d’entre nous

  le chien hurle à la mort. c’est sa seule raison.
  ma seule raison c’est moi
  moi donc n’importe qui, n’importe quoi, moi donc un chien mort.
  il hurle.
  et qui ne hurle pas, tout en dedans
  tout en dedans de rien ?

  c’est la mort. on la traite comme on veut mais en pliant genou
  en récitant prière
  et l’on revient à berck. à berck-plage
  et l’on renaît à berck. berck-plage
  c’est là qu’on meurt à berck. plage

  les hommes vont au milieu. vont au milieu.
  qui me caressera les cheveux, quand j’ai rasé
  tous les cheveux ?
  qui me sucera la motte quand j’ai rasé
  toute la motte ?
  et ceux qui mordent dedans
  à pleine bouche.

  la nuit c’est églantine, et en dedans elle pique. j’ai pas le droit
  de dire, d’exister d’expliquer, à peine celui
  de respirer. je me semble un intrus.
  la nuit c’est clandestine, on s’y défère
  ou on succombe, la nuit c’est carnassière

 

berck-plage en hiver

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