pas à soi, mais au dépassement de soi, que l’on
dépasse en coulant, dépasse en s’envolant, dépasse en
refusant d’avancer, souvent.
ta race et des calvaires, m’entends
un gland pauvre déverse cette lumière
un certain
déhanchement de l’ombre, une vie
prenant la tangente, plutôt que parallèle.
j’ai appris qu’au milieu surnage le fœtus, cet engrenage
tressant subversivement le tout au rien.
je ne me rappelle pas. je n’ai pas d’âge. un mendiant devant moi
saute à cloche-pied, homme d’un seul pied
où va t-on comme ça, s’esquintant le nombril. où creuse t-on comme ça, la vue voguant à vue, la fossoyeuse
une lumière si pauvre, si sale
un maigre terrain de foot en bordure d’autoroute
si pauvre, si sale, où va t-on comme ça ?
nulle part, au large d’ici-bas, les yeux bandés les yeux à vif
de larges plaies crissantes
t’as le courage de quoi, j’ai le courage de rien – cela me manipule
la puissance ahurie dans le courage de rien
un bond se jetant sur rien, les cuisses écartées d’un sexe en panne, l’intersection des genres.
il ne pleut pas souvent mais quand il pleut il pleut tout l’temps il ne s’arrête jamais vraiment
de pleuvoir
j’ai mal à ce qu’on ne dit pas, à ce qu’on
ne doit pas dire à ce qui
reste sans voix le long d’la croix. être vrai n’existe pas.
j’ai fait l’amour au champignon, j’ai fait l’amour à un anus, j’ai fait l’amour
au cadavre d’une mouche –
la femme en moi n’en a jamais rien su

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