tu nies la valeur du présent et la valeur te nie toi
me troublent les grandes filles, celles qui font deux mètres cinquante et néanmoins fragiles
elles plient leur papillon, cherchent des visages dans les motifs du papier peint
– que faire d’un pot de cendres ?
la vie est forte d’un rêve ou deux cache-moi je crie
presse-moi le crâne sur ton ventre étouffe ma panique, dis-lui que tu ne l’as jamais vue, ne m’as pas reconnu
d’entre les mille têtes dépassant du marteau
– cours le plus loin possible
j’avance éperdument, irrésistiblement vers le mort en moi, mon ombre me tendant la main
et le rejoindre enfin, négatif personnel et se lécher la langue
dans un fracas de miroir falsifié
– blanche colombe et tir à vue
je ne sais comment ça se passe, ni si ça se passe vraiment
je sais que j’aurais du rester là à t’attendre dans le froid, jusqu’à ce que mort s’ensuive, et un peu au-delà même, où de grands cris d’animaux
face à leurs feux de tout bois, ton amour fera feu de toute herbe
de tout brin d’herbe, paille ou poil de nos corps
un jour de neige et toi la suce, nous n’irons pas nous balader d’ailleurs tout a gelé
il n’y a plus de place en moi pour la pitié entends-tu: je ne m’épargne pas
la seule place pure en moi, là où je ne meurs ni ne mens restera celle
où ton pardon me perce, alléluia
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