morbidité poisson géant

  on jette une pierre dedans. tout bonnement on jette
  une pierre dedans
  la mare
  la vitre
  le visage, tout de pure mouvance
  et d’une inflexion grave

  il y a quelqu’un et dès qu’on l’aime il n’y a plus rien, c’est incertain
  un homme ça se racle, ça se racle au fond de l’homme en soi. il faut lui pardonner
  si le pardon ne lui sied pas, ou même ne suffit pas, on croisera le trou
  on battra sa compagne

  j’ai pris mon épée, mon épée en bois, et je me suis embarqué sur un navire de papier
  le premier monstre venu m’a englouti et ce n’était pourtant
  qu’un tout petit poisson

  nulle part est au milieu, tout de douce prudence
  j’y pose un pied, j’y frotte deux bouts de bois pour en tirer un rêve je n’en tire qu’un filet
  de tremblante fumée. fumée ne se façonne, fumée monte d’instinct
  sans y croire vraiment

  des trous dans l’eau. je ne me lasse pas
  de faire des trous dans l’eau. je ramasse toute pierre, et quand les pierres viennent à manquer, je ramasse des plumes, je plie des bouts d’papier
  pour faire des trous dans l’air

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