par terre. par terre la sale

  éloigne-moi
  de la nuit, définitive éloigne-moi
  du reste de moi-même, les mains si froides…

  chacun se raconte
  sa petite histoire, tâchant de convaincre pour s’en convaincre soi-même, sale petite histoire. laquelle
  ne remplacera pas
  l’irremplaçable, avec ou sans
  boucle d’oreille

  j’ai porté la vie à mes lèvres et tant pis si
  j’en ai renversé un peu en cours de route tant pis si
  je l’ai toute renversée le goût du sable après tout
  le goût des cendres
  le goût sans goût
  du sable, des cendres grises

  l’une est la mer. l’autre le destin, mauvais
  je m’accroche à la voile, sensiblement démâté
  faut dire qu’il souffle fort. un vent à décorner les bœufs, comme aurait
  dit ma belle-mère

  tout ce qui reste debout
  ne le reste pas de sa propre vertu, mais d’un mur porteur
  d’un hasard d’équilibre ou encore par
  la grâce du néant, tout ce qui tient debout
  ne tient que par l’effort tout à fait rédempteur
  de l’impuissance

 

par terre. par terre la sale

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