petit pays tordu

  ils se cherchent, prenant soin de se chercher là où ils sont sûrs
  de ne pas se trouver, proximité inclue, ils se cherchent prenant soin
  de ne pas se trouver certes il y a, certes il est
  une politesse de l’âme, un sourire de perdre certes il y a
  mais ce n’est pas de ça encore
  que l’on parle
  ça dont on parle

  il y a des crachats rentrés il y a
  des allumettes intraverties, qui ne s’embrasent pas ou qui foutent le feu
  à des crânes rasés, à des amours déchues ou qui n’ont
  pas existé vraiment, comme on n’a pas existé vraiment
  même prenant tant de place, tant de place étant libre
  d’espace décimé

  être mortel me va, tant que je ne meurs pas
  le rond-point des gilets noirs, le faisceau de circonstances
  à peine atténuantes
  c’est pas la peur de ne pas vivre c’est juste la peur
  que ça ne serve à rien tiens une mouche
  se pose sur mon bras
  et plus profond encore

  rien ne me rassure. rien
  ne me rassurera. entre quelque part et nulle part
  s’insinue ma douleur
  et ma douleur répare
  pas l’hiver bien entendu, pas le banc qui s’effondre, se roule en boule
  mais ma douleur répare
  le simple réparable entre nulle part
  et quelque part

 

petit pays tordu

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