qui n’ont pas d’vacances

  je n’aime pas le chemin que je prends. je le prends malgré tout
  j’aime le prendre malgré tout
  j’aime malgré tout
  et ça m’fait quelque chose – de quoi me fais-je l’écho

  ainsi avons-nous tout perdu, nous réduisant
  au maintien des distances, à la bruine fadasse
  à la peur de vieillir et que seule la mort sait encore
  nous faire jouir.
  tu me croiras ou tu riras, mais j’estime
  cette déchéance-là, ce sépulcre d’un gris, ce deuil incontournable
  lumière pauvre lumière sale, amour malgré tout amour
  à l’encontre de toute dignité

  je me suis promené. je me suis promené comme on se promène quand on n’a rien d’autre à faire que de rentrer chez soi
  je regardais ailleurs, l’ailleurs vu d’ici-bas, l’ailleurs qui reflue, échoue là. un écho mal placé.
  à quoi joues-tu donc ? moi je ne joue pas. me laisseras-tu
  entrer dans ton jeu, de quilles, de dupes, d’éborgnés ? ton jeu je n’en veux pas
  à un bout du tape-cul l’hostilité
  latente d’exister, à l’autre bout l’effroi, rien que l’effroi

  le bout du chemin n’est pas encore la fin du chemin – fais donc péter l’bouchon.
  j’ai la nuit ténardière, je pense comme je respire c’est l’air
  qui gonfle les poumons.
  je voudrais me jeter or pas de vide qui m’accueille, pas de vitre à traverser, pas de trou où se terrer, tendrement se décomposer
  pas d’eau
  pas d’homme au bout de ce qu’il peut supporter
  pas de support en dernier lieu

 

qui n'ont pas d'vacances

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