tout ce qui est mort sème la panique

  c’est à coups de pierre
  qu’on se lave le visage.
  la nuit toute tordue, toute tordue
  on n’en trouve pas trace.
  le héros en moi
  dort pour toujours, accouplé
  au mort en moi

  si sage sois-je, je
  ne t’apprends rien.
  je recompte à l’envers
  c’est le compte à rebours
  contre-courant du sens.
  tout au fond de ton corps
  à la porte de l’âme, je m’expulse
  je m’expulse tout chaud
  je m’expulse tout froid

  mon mal, ma cravache
  et mon cheval de bois.
  je cours mais où cours-tu
  il y fait froid même en été.
  quelqu’un qui moins que marche
  néanmoins ma rattrape
  me saborde, me submerge
  – quel nom donner aux choses ?

  caresse-moi l’abdomen
  ou caresse-moi l’absinthe
  il fait nuit tout le jour
  et le jour rétrograde.
  il faudra marquer chaque larme d’une croix
  pisser dessus, si nécessaire.
  faudra pas faire comme si on
  savait pas, ou comme si on
  n’en avait rien su, jamais

  tape-lui dessus
  tape-lui dessus de niveau deux
  pleure avec lui, ou pleure sur lui
  rudimentaire pleure par-dessus, pleure
  sur son visage, sur ses joues creuses
  sa poitrine creuse, son pubis fielleux
  pleure sur ses cuisses creuses, ne te
  lasse pas distraire
  jusqu’à l’astragale, plus bas encore
  lèche-lui la terre

 

tout ce qui est mort sème la panique

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