la conscience au carbon14, plus (+) une dent de lait

  t’inquiètes, il y a des gens
  il y a des tubes aussi, à peine tiennent debout, et dont le contenu, gélatineusement…
  des hommes pensent que leur vie ne changera pas
  ou pas trop
  ou pas trop pire
  puis se trompent de manche ou de jambe le matin au réveil
  se trompent de tout
  tant qu’on meurt pas on est vivant, se rassurent-ils
  et d’autant plus tant que l’on meurt, persistent-ils

  un chien bordel, un chien
  ça ne mange pas de pain. cela n’a rien à voir
  j’ouvre en grand ma conscience, et ce fut l’orifice
  le lankavatara en rouleaux de six ou douze
  la gravitation certes, mais en fonction d’un centre qui n’existe pas, la rage sans les dents
  je t’apporte un chou, voudras-tu de mon chou ? cuiras-tu mon chou, mordras-tu
  dans mon chou ?
  séquestre ma conscience, l’annulaire sent l’alliance, déliquescente…

  je sais pas comment faire pour vivre encore, ce fabuleux tour
  de prestidigitation – respirer par le nez j’imagine
  par les poumons tant qu’on y est
  ne suffit pas à faire d’un être un être vif, moitié vivant pourtant
  j’allume un clope
  je sais qu’ainsi surgit le temps, décroche le temps, décrotte la mariée
  on se rend compte de rien – personnellement, je me rends compte de rien
  et ça prend toute la place

  un ciel en mille morceaux, une puce à l’oreille
  je m’entends bien, m’écoute peu mais m’entends bien
  je savais qu’il y aurait un homme
  je savais qu’il y aurait une femme
  (nuage et foudre dans l’entre-deux, à moins que ne prolifère le mouron)
  mon petit chien l’a dit et mon petit chien ne se trompe jamais je l’ai décapité pour ça
  et pour bien moins que ça
  on ne doit pas traiter les gens ainsi m’entends-tu
  ni autrement d’ailleurs – d’ailleurs,
  on ne traite pas les gens

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