soleil rasant, mutant

  j’ai changé d’parc. le contrôle au faciès semble t-il
  n’a rien donné. il coule un peu
  du nez, de la seine ou de je ne sais quoi – peu importe au fond, quoi ni demain…
  on propose un abri à un homme, afin qu’il dorme à l’abri, on ferme bien la porte
  tout au bout de l’autre côté une autre porte s’ouvre, finit par s’ouvrir
  – quand mourir est toute la liberté qu’il nous reste, l’entière liberté

  un cheval par hasard. mais il aurait pu en passer
  un autre. tout aussi bien. qui n’aurait pas boité, ni tenté vainement
  de dissimuler ses plaies. un cheval de manège. un homme qui fait semblant
  fait semblant d’être un homme c’est la seule façon qu’il sache
  de ressembler à un homme, de se persuader qu’il en est un, de faire comme s’il
  en était un – un quoi un homme, un homme de rien
  un ch’val ouvert

  j’ai compris tout à l’heure ce que humilité voulait dire, ça voulait dire
  ne pas vouloir aller jusqu’au bout
  ne pas avoir la force
  de gagner, de persévérer
  ni même d’aimer. je t’ai fouetté les fesses avec des roses peines d’épines, ou était-ce le contraire
  très haut là-haut très haut je veille le haut vent, le vide froid
  je prononce le solfège, le solfège fait mi ra dol
  je suce le sang du ch’val, pour ne pas succomber
  je succombe quand même, bien avant l’aube ou dans une mare

  un chou a poussé sur ma tombe, de bruxelles ou chinois, j’aurais préféré de la menthe
  à la mi-février les jours se désenclavent, je m’enlise en personne
  je me regarde fixement et je me reconnais bien là, forcené de n’être rien, d’avoir un chien
  jamais je ne pourrais battre mon chien
  je sais qu’au fond je suis mon chien, et que la laisse de ce chien
  pend au vide, c’est à dire pend au vent, c’est à dire pend. ce n’est même plus un chien
  ce n’est rien, tous crocs dehors

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